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Au large de Toulon (83), nouvelle expertise archéologique sous-marine de l’épave Cap Sicié 4
Au large de Toulon (83), nouvelle expertise archéologique sous-marine de l’épave Cap Sicié 4
14 déc. 2023

Découverte en 2005 par Éric Alberola, l’épave dénommée Cap Sicié 4 a fait l’objet d’une première expertise par les archéologues du Drassm en 2022. Explorées au ROV (remotely operated vehicule - un robot sous-marin téléopéré), de très nombreuses jarres ainsi que trois ancres à jas en bois ont alors permis de proposer une première datation de l’épave, dont le naufrage s’inscrit dans la première moitié du XIXe siècle.

Les investigations scientifiques se poursuivent en 2023, avec une expertise approfondie, programmée du 11 au 15 décembre, dirigée par les archéologues du Drassm avec le concours de moyens et personnels de la Marine nationale sous l’égide de la préfecture maritime de la Méditerranée.

Une opération complexe, associant plongées humaines et robotisées

L’épave Cap Sicié 4 se situe à 75 m sous le niveau de la mer. À une telle profondeur, le temps de travail est très limité, engendrant une stricte organisation des rotations de plongeurs. Afin de permettre une étude prolongée du site et d’en effectuer une photogrammétrie complète, les plongeurs seront assistés par le robot Hilarion, un ROV téléguidé par un pilote du Drassm.

Cette opération sera conduite avec le soutien logistique et humain de l’Institut National de Plongée Professionnelle, ainsi que les sociétés KrakenPlongée et SeaTools.

Une cargaison inédite, témoin d’un savoir-faire artisanal régional

Une centaine de jarres a été comptabilisée lors de la première exploration en 2022. De dimensions variées, tous les éléments semblent appartenir à une production locale située à Biot dans les Alpes-Maritimes (06). Jarres de transport destinées à contenir à terme des liquides ou des produits secs, tels que de l’huile, de l’eau, ou encore de la farine, elles étaient lors de ce naufrage transportées vides, à des fins commerciales, depuis leur lieu de production jusqu’au port de redistribution, Marseille. Dans la cargaison de Cap Sicié 4, afin d’optimiser le chargement, certaines des jarres ont été remplies de vaisselle culinaire en céramique, notamment des marmites et des poêlons à queue de Vallauris. L’absence de timbre sur les jarres et la forme de leur pied permettent de proposer une production datée de la première moitié du XIXe siècle.

Durant l’opération, une observation fine de l’organisation du chargement sera menée par les archéologues du Drassm : répartition, position, conditionnement des jarres. Une photogrammétrie complète du site ainsi que des photographies de détails des mobiliers seront réalisées. Plusieurs jarres et éléments de vaisselle seront prélevés pour des analyses en laboratoire. Ces études nouvelles seront opérées en collaboration avec des chercheurs de l’Institut d’archéologie méditerranéenne ARKAIA d’Aix-Marseille Université, rattachés au Laboratoire d’Archéologie Médiévale et Moderne en Méditerranée (CNRS-LA3M).

Une opération en partenariat avec la Préfecture maritime de la Méditerranée et la Marine nationale

En tant que représentant de l’État et du Gouvernement en mer, le préfet maritime de la Méditerranée y est le garant de la protection des droits et intérêts français. A ce titre, il participe à la préservation du patrimoine sous-marin, et notamment la protection des biens culturels maritimes et épaves maritimes historiques. Pour remplir l’ensemble de ses missions, il s’appuie sur les administrations concourant à l’action de l’État en mer, dont la Marine nationale et depuis peu le Drassm. Ainsi, afin de collaborer aux investigations scientifiques conduites sur l’épave Cap Sicié 4 par les archéologues du Drassm, le préfet maritime met à disposition les moyens de la Marine nationale suivants : le Groupe de plongeurs-démineurs (GPD) de Méditerranée et leur bâtiment-base de plongeurs-démineurs Achéron, ainsi que le Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer (CEPHISMER) et son matériel de pointe. Ces experts de la plongée apporteront au Drassm leur expertise en matière de travaux sous-marins et de déplacement de charges sous-marines lourdes.

Le gisement de Cap Sicié 4 constitue la première épave présentant un chargement quasi-intact en Méditerranée française. Une exposition itinérante en cours d’étude pourrait permettre de présenter aux publics ce patrimoine local exceptionnel, empruntant la même voie commerciale que ce type de navire, des Alpes-Maritimes aux Bouches-du-Rhône en passant par le Var.

Navire scientifique: Alfred Merlin

Lieu d'opération : Toulon- La Seyne-Sur-Mer (83)

Date d'opération : du 11 au 15 décembre 2023

Responsable d'opération : Marine Sadania (Drassm)

Expertise scientifique : Drassm

Le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm)

Le Drassm, service à compétence nationale du ministère de la Culture, a pour mission de mettre en œuvre la politique de l’État en matière de gestion et de recherche archéologique à l’échelle du domaine public maritime national.

Il inventorie, étudie, protège, conserve et met en valeur le patrimoine archéologique immergé de l'ensemble des eaux marines sous juridiction française, en métropole comme en outre-mer. Il assure également une mission de conseil et d’accompagnement des chantiers archéologiques dans les eaux intérieures, notamment en matière de traitement du matériel et de la documentation recueillis.

Doté d’équipements à la pointe de la technologie pour la détection et la robotique, qui en font une référence dans le milieu de la recherche archéologique sous-marine, en France comme à l’international, il contribue à la formation des futurs personnels scientifiques pour le ministère de la Culture et ses partenaires.

Crédit photo : ©Lionel ROUX LA3M CNRS