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NEPTUNE 2010: exercice majeur de secours à passager

Mardi 27 avril, 8h45: le CROSS-Med est alerté par le LIAMONE II qu'un feu s'est déclaré dans son compartiment propulsion. Le capitaine rassure immédiatement le centre de secours: le feu a été maîtrisé par son équipage, mais des passagers ont été grièvement blessés. Le bâtiment, qui venait de partir de Nice en direction de l'Ile Rousse (Corse) avec 92 personnes à bord, a perdu sa capacité de manœuvre dérive lentement au large de Saint-Jean Cap Ferrat.

Voilà l'hypothèse catastrophique que le CROSS-Med a eu à gérer dans le cadre de l'exercice inopiné NEPTUNE 2010.

Comment gérer une situation de secours à naufragé ?

Dans de tels cas, le centre en charge des opérations, le CROSS-Med, alerte immédiatement le chef des opérations maritimes en Méditerranée, le Préfet maritime, par l'intermédiaire de son adjoint chargé de l'Action de l'Etat en Mer (AEM) et du centre des opérations maritimes (COM).

La cellule de traitement de crise se met immédiatement en place suivant les dispositions du plan ORSEC maritime: "la cellule de crise est installée au CROSS, qui est également le centre de coordination des opérations de sauvetage. Cela permet de fluidifier la circulation d'informations et donc d'assurer une meilleure coordination." (Régis Gaillard, Directeur du CROSS-Med)

Dans la salle voisine du centre des opérations, la cellule de crise rassemble les équipes de l'AEM de la Préfecture maritime, des représentants du COM (spécialistes de l'aéronautique et des opérations de surface), un représentant de l'armateur (SNCM), et le SAMU 83.

La cellule de crise met immédiatement en alerte l'Equipe d'Evaluation et d'Intervention (EEI) des marins pompiers: c'est eux qui devront s'assurer que les conditions de sécurité sont satisfaisantes à bord avant d'y envoyer d'autres équipes, en particulier les équipes médicalisées.

Un médecin désigné DSM (Directeur des secours médicaux) est également sollicité auprès du SAMU 83 pour aider le CROSS à prendre les décisions d'évacuation concernant les blessés (régulation médicale).

Et pour NEPTUNE 2010, comment cela s'est-il passé ?

Comme ils le feraient dans un cas réel, les organismes ont dû tout gérer en même temps, mais la priorité est bien entendu donnée aux blessés. Le scénario de l'exercice impliquait 5 "urgences absolues", des blessés très graves qu'il faut évacuer car ils ne peuvent être soignés à bord, ni supporter d'attendre le retour à terre. Il y avait également 5 "urgences relatives", et une trentaine d'autres blessés.

Ce premier bilan a été réalisé sur place par un médecin du SAMU 06 hélitreuillé par l'hélicoptère Dragon 06. Il a été rapidement rejoint par le médecin RSM (Régulateur des secours médicaux) du SAMU 83, arrivé à bord de l'hélicoptère de la gendarmerie, puis par deux infirmiers amenés par l'hélicoptère de la douane. Enfin, l'Unité mobile d'intervention médicale (UMIM) des marins pompiers a été envoyée à bord du LIAMONE II grâce au Dauphin de service public de la marine nationale. Ces hélicoptères ont ensuite procédé à l'évacuation par hélitreuillage des "blessés" les plus graves vers les hôpitaux de la région.

Au même moment, les moyens nautiques étaient mobilisés pour sécuriser le plan d'eau: la vedette Argens de la gendarmerie maritime et la vedette SNSM de Nice. Un contrat d'affrètement a également été fictivement conclu entre la marine et l'armateur, et le remorqueur Abeille Flandre est rapidement arrivé sur zone pour aider le LIAMONE II à retourner au port en toute sécurité.

Une fois le navire remorqué vers le port de Nice, le préfet des Alpes Maritimes devient le Directeur des opérations de secours. La préfecture a donc assuré la prise en charge des "naufragés" à terre, conformément aux dispositions du plan ORSEC terre.

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