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Quand on a été sensibilisé à l'activité d'un sémaphore, on a du mal à comprendre comment il a été question d'abandonner ces tours de guet de nos littoraux, il y a quelques années. On comprend aussi pourquoi, aujourd'hui, on renforce en personnel militaire et en matériels de pointe, la chaîne sémaphorique, qui compte pour la France 59 sémaphores. Son concept est unique dans le monde. Avec l'aide de la France, son principe de fonctionnement est de plus en plus reproduit, notamment par les pays riverains de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Liban,…).
Comme de véritables yeux sur la mer, la totalité des 19 sémaphores de la Méditerranée assurera une veille permanente sur le littoral de la grande bleue d'ici à 2011.
Certains évènements majeurs survenus au début des années 2000, tels que le naufrage de l'Erika ou l'échouage de l'EAST SEA, ont démontré le rôle majeur de ces tours dans la protection et la sauvegarde des approches maritimes. Leur importance est certes reconnue à chaque nouvelle catastrophe ; mais n'oublions pas de mentionner toutes celles qui sont évitées grâce à leur simple présence et action de fonctionnement. En plus d'être des moyens d'information et d'action participant à la sécurité maritime du littoral, les sémaphores représentent donc une force de dissuasion pour d'éventuels navires ou usagers mal intentionnés.
Leur rôle n'est ainsi plus à démontrer. De la surveillance générale du littoral à des actions plus ciblées telles que la sauvegarde de la vie humaine, le respect des règles de circulation (la police du passage) dans les eaux territoriales, les missions des sémaphores sont aussi variées que la lutte contre la pollution accidentelle ou les trafics illicites en mer, l'information nautique et météorologique et encore le concours aux autres administrations dans le cadre des missions de l'AEM ou de la participation à la posture permanente de sauvegarde maritime (PPSM) qu'ils mènent en collaboration avec les éléments navals et aéronavals,…
Des outils informatiques centralisés permettant la mise en réseau des informations collectées (SPATIONAV) complètent désormais un régime de veille permanente assuré par des militaires.
Et ces guetteurs ont du mérite. Ils se relaient tout au long de l'année, 24h/24 par tour de quart, pour repérer les détails omis par l'électronique. Grâce aux jumelles, ils sont capables de surveiller une bande littorale large de 3 km qui concentre 80% du trafic en mer.
En tant qu'œil intelligent, la présence de personnel humain est également indispensable pour traduire les informations recueillies au prix d'une fouille visuelle optique, radar et d'une écoute permanente des émissions radio VHF marine, VHF ASN,… Il les analyse et les met en corrélation avec ses connaissances pointues du secteur, de la région et des acteurs. Et surtout, il peut alerter les autorités et organismes concernés, comme cela aurait été le cas lors de l'échouage de l'EAST SEA. 090518AAB
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